L’écrivain public ( Wikipédia)

L’écrivain public écrit pour et avec autrui tout type de texte à caractère privé, administratif ou professionnel.

La langue est sa matière première et l’écrit est la valeur ajoutée qu’il lui impose. Pour cela, il doit bien sûr maîtriser les règles de grammaire, de syntaxe et disposer d’un vocabulaire étendu. En faisant preuve d’écoute et d’empathie, il est un acteur social qui permet aux individus de répondre à leurs obligations dans une société où l’écrit est omniprésent.

De tout temps, l’objet du métier d’écrivain public a été de se placer comme le trait d’union entre les individus et les nécessités administratives ou sociales. Aujourd’hui, cette profession est plus que jamais nécessaire puisqu’elle répond à une demande d’aide à l’écriture.

Si la correspondance est une des activités principales de l’écrivain public, elle n’est pas la seule. En effet, la maîtrise des différents types d’écrits donne au professionnel une palette d’outils qui le rend polyvalent et lui ouvre différentes possibilités d’exercer. De plus, grâce aux technologies de la communication et de l’information, l’écrivain public contemporain peut développer un large éventail de services rédactionnels : documents administratifs, courriers personnels, discours, faire-part, pages Web, biographies, récits de vie, textes littéraires, corrections, réécritures, etc. Il peut aussi animer des ateliers d’écriture ou assurer des permanences au sein d’associations ou dans les mairies. Il sait s’adapter à la demande, aussi bien pour le compte des particuliers, des entreprises et des collectivités locales, afin de leur permettre de communiquer de manière efficace.

Selon les écrivains publics professionnels regroupés au sein d’associations professionnelles telle que Plume et Buvard, l’AEPF, le GREC ou encore leurs syndicats le SNPCE et le SEPPE, cette diversité des modes opératoires fait la richesse et la variété de cette profession, tout en laissant chacun d’entre eux libre de choisir son domaine de prédilection en fonction du tissu social qui l’entoure.

L’écrivain public dans l’Histoire

 

Moine copiste

 

Scribe assis, Égypte

Des scribes de l’Égypte de l’Antiquité aux clercs du Moyen Âge, les besoins en homme d’écriture se font ressentir avec l’essor des échanges commerciaux, dans un premier temps, puis avec l’organisation des structures administratives ensuite.

À l’origine, si l’écriture permet de constituer des listes et de tenir des comptes, le scribe peut être considéré comme la première forme du métier d’écrivain public. Au cours des siècles qui suivent, l’usage de l’écrit est en partie réservé aux pouvoirs politiques et religieux. Sur le continent européen, les moines sont parmi les rares à être capables de rédiger et lire des textes essentiellement en latin.

De la fin du xiie siècle au début du xiiie siècle, l’essor des villes s’accompagne d’une évolution de la société avec l’apparition de la bourgeoisie – ceux qui habitent le bourg – et un enrichissement grâce au commerce. Mais la population reste peu lettrée et la nécessité d’une tierce personne pour rédiger, lire, répertorier les actes commerciaux est un besoin de plus en plus fort. Déjà, à cette époque, le métier d’écrivain public est une réponse à une demande de service.

Avec l’organisation des échanges commerciaux, la multiplication des métiers, le développement de l’administration royale et municipale, l’écrivain public est celui qui rédige les accords, les contrats et les lettres qui ne nécessitent pas l’intervention d’un juriste dont les services sont beaucoup plus chers.

Au xiiie siècle comme au cours des siècles suivant, le nombre d’écrivains publics varie selon les guerres et les évènements politiques qui pèsent directement sur les activités économiques. En 1280, soixante écrivains publics sont recensés à Paris4.

En France, avec le développement de la profession au xive siècle, parmi les écrivains publics les plus renommés, Nicolas Flamel (1330?-1418) avait installé son cabinet près de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie à Paris.

À la Renaissance, certains écrivains publics du xvie siècle ont une bonne situation. Surtout ceux qui ont su développer des qualités rédactionnelles et une maîtrise de la langue. Certains se spécialisent et étendent leur domaine de compétences aux actes juridiques en plus des textes administratifs et commerciaux. À l’inverse, d’autres moins habiles connaissent des difficultés pour vivre (cf. caricatures de Daumier 1808-1879).

Le xviie siècle est une période prospère pendant laquelle l’écrivain public rencontre une clientèle souvent aisée qui lui demande la rédaction de biographies familiales. Pour les moins fortunés et dans les petites communes où il n’y en a pas, les hommes d’église font souvent office de rédacteurs. Son importance grandit à cause du niveau élevé d’illettrisme en France comparé aux pays protestants, dans lesquels l’Église luthérienne obligeait les personnes laïques à apprendre à lire afin de savoir lire et comprendre la Bible.

Mais la Révolution et la période de trouble social qui l’accompagne vont marquer un coup d’arrêt presque fatal à la profession avec la disparition de nombreux cabinets d’écrivains publics. Ensuite, les instituteurs remplacent bien souvent les ecclésiastiques pour remplir le rôle de rédacteur dans les communes les plus modestes.

Au xixe siècle, l’organisation de l’administration napoléonienne redonne à la profession un coup de fouet salutaire en provoquant à nouveau une demande de la part des citoyens de toutes les classes sociales, aussi bien de l’artisan que du sous-officier militaire.

La profession aurait pu à nouveau disparaître faute de nécessité quand l’école obligatoire a diminué le nombre d’illettrés avec le développement, en 1882, de l’instruction gratuite et laïque pour tous les enfants de 7 à 12 ans par Jules Ferry. En effet, à partir du xxe siècle, la population est de plus en plus instruite et elle n’a plus besoin d’intermédiaire pour lire et écrire les textes les plus simples de la vie courante. L’appel à un spécialiste ne se fait plus que pour la rédaction de lettres officielles ou d’importance contractuelle.

Malgré un endormissement de cette profession, l’année 1980 voit la naissance de l’association Académie des écrivains publics de France (AEPF).

En février 2002, 26 fondateurs créent le GRoupement des Écrivains Conseils® (GREC) qui regroupe aujourd’hui le plus grand nombre de professionnels avec 130 membres (juin 2012)5. L’AEPF et le GREC contribuent, comme d’autres organismes, à la mise à jour régulière de la fiche APCE de cette profession d’« écrivain public — conseil en écriture »6.

Depuis novembre 2009, la Fnep – Fédération nationale des écrivains publics, assure la promotion du caractère social de la fonction7. La Fnep assure la promotion de l’écriture « sociale », et rejoint la réflexion entamée depuis de nombreuses années par les pouvoirs publics en faveur de la simplification administrative.

Il existe 10 collèges de la Fnep, initiative lancée en 2012 et déployée autour de 10 grands axes identifiés comme piliers de la vie sociale et locale (éducation, parentalité, Francophonie, langue française, Droits, Citoyenneté, cadre de vie, cohésion sociale, Soutien et accompagnement social, Jeunesse, Seniors, Aires culturelles, Emploi, initiative, projet de vie, Femmes).

 

Accueil

 

 

Print Friendly, PDF & Email